Témoignage de Yamina

Yamina Baccar

Le cancer face à face

J’ai longtemps considéré la maladie comme un tabou absolu, un élément de la sphère privée que personne, outre le corps médical, ne devait connaître.

Plus encore, j’avais la phobie des institutions hospitalières et des blouses blanches.

Rien d’étonnant donc à ce que je sois restée des années dans le déni de mon cancer du sein !

Je l’avoue aujourd’hui pour que d’autres personnes se reconnaissent et osent aller se faire dépister ou soigner !

Un jour J’ai décidé d’affronter la situation et ma vie a basculé…c’est énorme à dire, mais dans le bon sens !

Je n’ai pas eu le choc de l’annonce, étant déjà certaine que j’étais malade, mais la chirurgie, que je n’ai pas du tout vécue comme une mutilation, m’a débarrassée de mes tabous, de mes peurs et de mes angoisses.

Du jour au lendemain je me suis mise à croire à mes soins, à mes traitements, à ma guérison possible et à celle des autres surtout.

Bien sûr la perte de mes cheveux m’a fait pleurer, 15 minutes seulement ! Puis j’ai pris conscience des capacités formidables du corps humain à récupérer, à surmonter.

La volonté de vivre est inscrite dans nos gènes et c’est ce que je retiens. Je ne me bats pas contre un ennemi mais je négocie humblement mais au millimètre, avec la nature dont je fais partie et je tire toute ma force de ma foi dans la nature et dans les avancées de la science.

Mon nouveau rapport à mon corps se traduit par des attentions spécifiques: nourriture simple et saine, activité physique suivie, oxygène et joies simples de la vie quotidienne.

Dans la réalité des faits, ce n’est pas facile de faire face à la fois, à un traitement lourd, à des formalités administratives complexes et à des frais importants. C’est là que les liens familiaux et la solidarité interviennent.

J’ai été aidée et j’aide autant que je peux et mon message est le suivant : avoir un cancer (et plus jamais ” une longue maladie”) c’est comme tomber dans le vide, mais ce que nous ne savons pas, c’est que la nature nous a pourvus d’un parachute!